Ou peut être une nuit…

L’inceste

Je suis en train d’écouter le podcast de Louie Media, Ou peut être une nuit. Ce podcast en six épisodes traite de l’inceste et du silence imposé qui l’entoure. Il est très bien réalisé, très émouvant, et très documenté. Un trésor que je conseille à tous ceux et celles qui se sente concernés par ce sujet – j’en fait définitivement partie. Vous pourrez trouver plus d’informations sur ce podcast sur le site de Causette et celui de Telerama.

Comme Delphine de Vigan dans Rien ne s’oppose à la nuit, Charlotte Pudlowski, qui a réalisé ce podcast, est arrivée au sujet de l’inceste par l’expérience de sa mère. Dans les deux cas on a l’impression d’une fille qui parle, publiquement, de la détresse de sa mère qui elle n’a pas pu en parler. En soi, ce constat est à la fois émouvant et déprimant.

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Les traumas récurrents

J’aime beaucoup le livre que je suis en train de lire, Journey Through Trauma, de Gretchen Schmelzer, malheureusement non traduit en Français. Gretchen Schmelzer est une psychologue américaine spécialisée dans le traitement des traumas récurrents. Pratiquement chaque ligne de ce qu’elle écrit résonne avec mon expérience personnelle.

Les traumas récurrents sont, comme leur nom l’indique, des traumas qui se sont reproduits de nombreuses fois, parfois pendant plusieurs années; on peut donner comme exemple les violences familiales ou les situations de guerre.

Par opposition, les traumas uniques ont été des événements isolés, parfois sur des durées très courtes: une agression, un accident, un attentat. Il suffit de lire des articles dans la presse sur les survivants de l’attaque du Bataclan, pour comprendre que leurs conséquences psychologiques peuvent être dévastatrices.

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Nos limites

Notre limite physique, c’est notre peau: d’abord, elle nous protège des agressions extérieures. Elle nous contient aussi, sans quoi il nous arriverait des choses pas marrantes puisque nous sommes surtout liquides…

Malgré cette double protection, la peau n’est pas étanche et c’est très bien: elle laisse passer les bonnes choses, comme l’air (oui, nous respirons aussi avec notre peau, dans les deux sens). Même si parfois elle nous irrite, nous gratte, ou boutonne, nous devons une fière chandelle à notre peau.

Sur le plan psychologique, nous avons aussi des limites, même si elles ne se voient pas à l’oeil nu. Comme la peau, ces limites nous permettent de ne pas répandre nos émotions à l’extérieur lorsque cela n’est pas souhaitable. Et elles nous protégent des émotions, des désirs, et parfois de la violence psychologique des autres. Comme notre peau, elles sont capables de laisser passer les bonnes choses, l’amour ou l’empathie par exemple.

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Regarder passer sa vie, comme une vache un train

Un jour il y a longtemps, j’ai réalisé que je ne faisais que regarder passer ma vie sans avoir l’impression d’y participer vraiment.

C’est sûr, j’étais bien là, chaque jour, à dire et à faire plein de choses. Une partie de moi était bien dans la vie. Pourtant, j’avais l’impression de la voir de derrière une vitre. Ou d’être à bord d’un train lancé à pleine vitesse sans que je puisse en décider la destination.

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La dépression ou l’envie de rien

Nous avons tous traversé des moments de détresse. Mais ce qui caractérise la dépression, c’est cette caractéristique très particulière: l’envie de rien. Et c’est ce qui la rend particulièrement difficile à guérir.

J’ai connu mon premier, et seul, épisode de dépression à 17 ans. J’étais amoureuse d’un garçon qui, lui, ne l’était pas et ne souhaitait pas de relation amoureuse (enfin pas avec moi).

Pendant des mois, ce garçon a été le centre de mon univers. Je ruminais toute la journée, et une partie de la nuit, sur les moyens de le croiser, de lui plaire, de me faire aimer. J’élaborais des stratégies complexes, avec une énergie de plus en plus désespérée. Lui pendant ce temps menait tout simplement sa vie – sans moi, donc.

Je savais bien quelque part que ce que je faisais ne marchait pas, mais je me disais que cela marcherait un jour. C’est une expérience plutôt banale, surtout à l’adolescence. Je me demande si nous n’en passons pas tous par là.

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Le livre du lacher prise

Vaincre la codépendance, de Melodie Beattie, est un livre qui s’adresse à ceux et celles qui se retrouvent dans une relation avec une personne dépendante à une substance ou une activité. Plus largement c’est aussi une mine d’informations pour ceux parmi nous qui ont besoin d’apprendre à lacher prise.

J’ai compris assez tôt que j’avais besoin d’aide. Mais il y avait deux choses que je ne voulais absolument pas faire, et je pense ne pas être la seule:

  1. aller parler à quelqu’un, et
  2. plonger dans mon passé.

Bien sûr, c’est exactement ce que je devais faire. Mais j’avais besoin de temps avant d’y arriver. Dans l’intervalle, il m’était possible de lire de psychologie et de développement personnel, qui ont deux avantages:

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Les livres de développement personnel, in english

Jeune adulte, j’étais plongée dans la détresse. J’étais assez douée pour préserver les apparences et de l’extérieur, tout allait bien.

Mais à l’intérieur, c’était une autre histoire: je ployais sous les assauts d’une estime de moi dévastée, de critiques internes féroces, et d’une grande solitude. Je n’avais jamais de moments heureux ou juste tranquilles. Tout était difficile, et tout était pénible.

Longtemps, j’ai cru que la solution viendrait de l’extérieur: je serais en paix lorsque j’aurais eu mon diplôme, trouvé une histoire d’amour épanouissante, trouvé un travail valorisant, des amis sympas, ou toute autre idée de solution externe qui pouvait me venir. Je n’avais pas l’intention d’aller voir un psy, et je ne lisais pas de livres de développement personnel.

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D’ou viennent les addictions ?

Si le sujet des addictions vous intéresse, je vous encourage à faire une expérience intéressante: tout d’abord, allez lire l’article sur les addictions de Wikipedia.

Maintenant, essayez d’extraire les causes de l’addiction d’après cet article.

Vous n’avez pas réussi, même en le relisant? Et bien rassurez vous, c’est tout à fait normal.

Vous trouvez bien quelques considérations sur l’héritabilité partielle du trouble identifié sur les vrais jumeaux (mais due à quoi? La génétique? L’épigénétique? L’histoire commune intra-utero ? Mystère).

Quelques considérations sur les neurotransmetteurs – endorphine, qui permet le lien affectif, et dopamine, qui permet le sentiment de satisfaction.

Une pincée de neurologie, parlons donc de ganglion basal, de cortex pre-frontal, et même noyau accumbens.

Et pour finir en beauté, deux trois mots sur Freud et la pulsion de mort.

Mais nulle part, quelque chose qui dit: la cause des addictions se trouve ici.

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Les violences sexuelles

Voici deux exemples tous deux vécus mais très différents d’expériences de violences sexuelles.

Mon amie Sara a toujours passé ses vacances en France; elle ressent une certaine appréhension à l’idée de voyager à l’étranger. Pour autant, elle organise sa vie autour de cet empêchement et cela ne lui pose pas plus de problème que ça.

Un jour pourtant, son employeur lui demande de faire un voyage d’affaire à l’autre bout du monde. Cela l’angoisse des mois à l’avance. Finalement, le jour du voyage arrive, et il se passe très bien malgré ses craintes.

Cet épisode la pousse à revenir en arrière sur les raisons de ses angoisses: elle se rappelle son premier voyage. Elle avait été harcelée par des avances masculines non sollicitées. Au point que certaines nuits elle ne pouvait dormir à cause des sonneries incessantes à la porte. Elle se rend compte que ses angoisses, et ses empêchements, proviennent de cet épisode malheureux.

Mon histoire est celle de violences sexuelles à l’intérieur de ma famille d’origine. Ce trauma a eu des conséquences profondes sur presque tous les aspects de ma vie et de ma personnalité; il a créé le chaos dans mon estime de moi-même, ma capacité à avoir des relations saines, ma vie émotionnelle. De manière générale, cette expérience m’a rendu la vie impossible pendant des années. J’ai craint longtemps de ne pas être capable de faire des choses aussi simples que d’avoir un métier, des amis, et de fonder une famille.

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L’estime de soi ou la conquête du graal

Je sais très bien pourquoi j’ai commencé un travail sur moi. Un jour j’ai pensé très clairement: « Si je ne vais pas chercher de l’aide maintenant, je vais crever ».

Avec le recul, je pense que j’avais raison. Ce n’était pas une exagération.

Je ne parvenais pas à mettre des mots sur mon malaise, pourquoi je me sentais si mal. Tout était confus et nébuleux. Au fur et à mesure de mon travail sur moi, j’ai compris que mes problèmes étaient plus sérieux que ce que je croyais au départ.

C’était bien, cette ignorance; sans elle je me serais découragée avant d’avoir commencé.

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