Pourquoi aller voir un psy ?

Tu devrais aller voir quelqu’un….

Jeune, très jeune, je savais déjà très bien que je n’allais pas bien. Et il y a beaucoup de choses que j’étais prête à faire, pour aller mieux.

J’étais prête à lire tous les livres qui pouvaient m’apporter une miette d’informations sur ce qui m’arrivait ou comment progresser. J’étais prête à déménager à des milliers de kilomètres de ma famille d’origine pour pouvoir me sentir en sécurité. Prête à passer beaucoup de temps, et si besoin d’argent, pour aller mieux.

Il y a juste une seule chose que je ne voulais absolument pas faire: aller voir un ou une psy. C’était hors de question. Rien que l’idée me faisait me recroqueviller dans un coin. C’était viscéralement, absolument non.

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Le perfectionnisme est vraiment un défaut

La fausse qualité

Lorsque j’ai préparé mes entretiens de recrutement, il y a très longtemps, on m’a conseillé de préparer mes réponses à la question: « Quel est votre principal défaut? ».

C’est une question piège: il est en réalité hors de question de vraiment étaler ses défauts devant un recruteur. On m’a conseillé de dire plutôt que je suis perfectionniste; le futur employeur est censé penser que mon travail sera de qualité.

En fait, c’est dommage qu’on ne m’ait jamais posé la question en entretien: j’aurais pu répondre que j’étais perfectionniste avec la plus grande sincérité.

Par contre, il est très très clair pour moi que le perfectionnisme est un vrai défaut, et qu’à lui tout seul, il peut produire de très mauvais résultats, voire pas de résultat du tout.

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Ou peut être une nuit…

L’inceste

Je suis en train d’écouter le podcast de Louie Media, Ou peut être une nuit. Ce podcast en six épisodes traite de l’inceste et du silence imposé qui l’entoure. Il est très bien réalisé, très émouvant, et très documenté. Un trésor que je conseille à tous ceux et celles qui se sente concernés par ce sujet – j’en fait définitivement partie. Vous pourrez trouver plus d’informations sur ce podcast sur le site de Causette et celui de Telerama.

Comme Delphine de Vigan dans Rien ne s’oppose à la nuit, Charlotte Pudlowski, qui a réalisé ce podcast, est arrivée au sujet de l’inceste par l’expérience de sa mère. Dans les deux cas on a l’impression d’une fille qui parle, publiquement, de la détresse de sa mère qui elle n’a pas pu en parler. En soi, ce constat est à la fois émouvant et déprimant.

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Les traumas récurrents

J’aime beaucoup le livre que je suis en train de lire, Journey Through Trauma, de Gretchen Schmelzer, malheureusement non traduit en Français. Gretchen Schmelzer est une psychologue américaine spécialisée dans le traitement des traumas récurrents. Pratiquement chaque ligne de ce qu’elle écrit résonne avec mon expérience personnelle.

Les traumas récurrents sont, comme leur nom l’indique, des traumas qui se sont reproduits de nombreuses fois, parfois pendant plusieurs années; on peut donner comme exemple les violences familiales ou les situations de guerre.

Par opposition, les traumas uniques ont été des événements isolés, parfois sur des durées très courtes: une agression, un accident, un attentat. Il suffit de lire des articles dans la presse sur les survivants de l’attaque du Bataclan, pour comprendre que leurs conséquences psychologiques peuvent être dévastatrices.

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Nos limites

Notre limite physique, c’est notre peau: d’abord, elle nous protège des agressions extérieures. Elle nous contient aussi, sans quoi il nous arriverait des choses pas marrantes puisque nous sommes surtout liquides…

Malgré cette double protection, la peau n’est pas étanche et c’est très bien: elle laisse passer les bonnes choses, comme l’air (oui, nous respirons aussi avec notre peau, dans les deux sens). Même si parfois elle nous irrite, nous gratte, ou boutonne, nous devons une fière chandelle à notre peau.

Sur le plan psychologique, nous avons aussi des limites, même si elles ne se voient pas à l’oeil nu. Comme la peau, ces limites nous permettent de ne pas répandre nos émotions à l’extérieur lorsque cela n’est pas souhaitable. Et elles nous protégent des émotions, des désirs, et parfois de la violence psychologique des autres. Comme notre peau, elles sont capables de laisser passer les bonnes choses, l’amour ou l’empathie par exemple.

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Regarder passer sa vie, comme une vache un train

Un jour il y a longtemps, j’ai réalisé que je ne faisais que regarder passer ma vie sans avoir l’impression d’y participer vraiment.

C’est sûr, j’étais bien là, chaque jour, à dire et à faire plein de choses. Une partie de moi était bien dans la vie. Pourtant, j’avais l’impression de la voir de derrière une vitre. Ou d’être à bord d’un train lancé à pleine vitesse sans que je puisse en décider la destination.

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La dépression ou l’envie de rien

Nous avons tous traversé des moments de détresse. Mais ce qui caractérise la dépression, c’est cette caractéristique très particulière: l’envie de rien. Et c’est ce qui la rend particulièrement difficile à guérir.

J’ai connu mon premier, et seul, épisode de dépression à 17 ans. J’étais amoureuse d’un garçon qui, lui, ne l’était pas et ne souhaitait pas de relation amoureuse (enfin pas avec moi).

Pendant des mois, ce garçon a été le centre de mon univers. Je ruminais toute la journée, et une partie de la nuit, sur les moyens de le croiser, de lui plaire, de me faire aimer. J’élaborais des stratégies complexes, avec une énergie de plus en plus désespérée. Lui pendant ce temps menait tout simplement sa vie – sans moi, donc.

Je savais bien quelque part que ce que je faisais ne marchait pas, mais je me disais que cela marcherait un jour. C’est une expérience plutôt banale, surtout à l’adolescence. Je me demande si nous n’en passons pas tous par là.

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Le livre du lacher prise

Vaincre la codépendance, de Melodie Beattie, est un livre qui s’adresse à ceux et celles qui se retrouvent dans une relation avec une personne dépendante à une substance ou une activité. Plus largement c’est aussi une mine d’informations pour ceux parmi nous qui ont besoin d’apprendre à lacher prise.

J’ai compris assez tôt que j’avais besoin d’aide. Mais il y avait deux choses que je ne voulais absolument pas faire, et je pense ne pas être la seule:

  1. aller parler à quelqu’un, et
  2. plonger dans mon passé.

Bien sûr, c’est exactement ce que je devais faire. Mais j’avais besoin de temps avant d’y arriver. Dans l’intervalle, il m’était possible de lire de psychologie et de développement personnel, qui ont deux avantages:

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Les livres de développement personnel, in english

Jeune adulte, j’étais plongée dans la détresse. J’étais assez douée pour préserver les apparences et de l’extérieur, tout allait bien.

Mais à l’intérieur, c’était une autre histoire: je ployais sous les assauts d’une estime de moi dévastée, de critiques internes féroces, et d’une grande solitude. Je n’avais jamais de moments heureux ou juste tranquilles. Tout était difficile, et tout était pénible.

Longtemps, j’ai cru que la solution viendrait de l’extérieur: je serais en paix lorsque j’aurais eu mon diplôme, trouvé une histoire d’amour épanouissante, trouvé un travail valorisant, des amis sympas, ou toute autre idée de solution externe qui pouvait me venir. Je n’avais pas l’intention d’aller voir un psy, et je ne lisais pas de livres de développement personnel.

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D’ou viennent les addictions ?

Si le sujet des addictions vous intéresse, je vous encourage à faire une expérience intéressante: tout d’abord, allez lire l’article sur les addictions de Wikipedia.

Maintenant, essayez d’extraire les causes de l’addiction d’après cet article.

Vous n’avez pas réussi, même en le relisant? Et bien rassurez vous, c’est tout à fait normal.

Vous trouvez bien quelques considérations sur l’héritabilité partielle du trouble identifié sur les vrais jumeaux (mais due à quoi? La génétique? L’épigénétique? L’histoire commune intra-utero ? Mystère).

Quelques considérations sur les neurotransmetteurs – endorphine, qui permet le lien affectif, et dopamine, qui permet le sentiment de satisfaction.

Une pincée de neurologie, parlons donc de ganglion basal, de cortex pre-frontal, et même noyau accumbens.

Et pour finir en beauté, deux trois mots sur Freud et la pulsion de mort.

Mais nulle part, quelque chose qui dit: la cause des addictions se trouve ici.

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